27 novembre 2008
Rattrapée...
Il suffit de petits riens parfois pour tout bousculer, pour se retrouver rattrapée, submergée par ce qui semblait impossible hier...Pendant de nombreuses années Parisiens, M et Mme Lutin-Lutine, avait surplomblé la jolie ville. Tout en haut de leur nid d'aigles comme ils disaient...Ils aimaient aussi se retrouver après leur journée. "Allo c'est moi...tu as bientot terminé ? RDV au Marly place du Louvre dans 1h". Un americano, deux olives et ils traversaient les Tuileries. Ils egrainaient les musées les soirs de nocturnes, ils traversaient toute la ville à dos de moto pour ne pas rater ce magnifique Rosselini au MK2 Gambetta. Et puis le temps avait filé et ils etaient devenus des grands. Le week end ils preferaient la campagne et les forêt de sologne, aux voitures et au Marais. A chaque retour le Dimanche, la même boule qui venait se nicher au fond de l'estomac de Mme Lutine ; la grisaille, le métro, "ce n'est pas une ville pour un enfant"... Alors ils etaient partis, au fond de la forêt, ici ils respiraient, ils faisaient des concours de cris dehors pour eloigner les monstres. Mais peu a peu ses petits retours sur la grande ville paraissaient de plus en plus courts, pas assez de temps pour aller voir l'expo Dufy, trop peu pour emmener la demoiselle ecouter ce conte magique porte de la chapelle...L'envie qui les rattrapaient, les soirées avec leurs amis, les lumières de la Tour eiffel, le bruit qui semble vous dire qu'ici tout peut arriver...Et Mme lutine qui s'en veut tellement d'avoir envie d'etre toujours là ou elle n'est pas...
02 novembre 2008
jeux de lettres
Elles se retrouvaient pour ces premières vacances. Heureuses de passer du temps toutes les deux, monter vers la grande ville, voir la Tour Eiffel, visiter la galerie de l'évolution. La petite fille serrant bien fort la main de sa maman, fière de pouvoir partager des choses de grandes. La grande trouvait que la petite avait grandie d'un coup depuis la rentrée scolaire. Elle s'etonnait de ces mots d'enfants qui disparaissaient presque chaque jour pour laisser place a un vocabulaire mieux maitrisé. A la boulangerie, la dame s'extasiait sur cette petite fille qui disait "comment ?" et non pas "quoi?"...Madame lutine apercevait parfois au milieu de ces echanges ce que serait demain leur connivence et leur partage. Elles rentraient se mettre au chaud et là toujours la même demande "on fait un peu de travail s'il te plait maman". Il fallait alors sortir les crayons et le cahier, faire des majuscules et puis regarder la petite main avide s'emparer du crayon, et commencer a noircir une page complète de G de A et de P. Il fallait ecrire le prenom et regarder comme la demoiselle s'appliquait. La joie de la petite etait contagieuse, madame lutine aimait la voir prendre du plaisir a partager ces petits instants studieux de vacances d'automne...
28 octobre 2008
what else ?
un petit article rapidement survolé sur la toile, lui etait revenu. L'odeur du café chaud et corsé qui flottait lui avait rappelé. Etait il possible que la chaleur de cette boisson modifiait notre perception de l'autre ? Selon l'article, quelques uns s'y étaient penché et l'idée n'etait pas si saugrenue. Ce matin elle etait arrivée tôt dans la jolie ville, elle avait aimé le trajet du bus qui longeait la Seine. Elle s'etait accordé une petite pause sur cette jolie terrasse, quelques chaises, quelques tables et des parasols chauffants... Les passants qui se pressaient, les voitures qui klaxonnaient, Paris qui s'eveillait...Des rires et des voix qui s'entremellaient, des pages qui se tournaient et des cigarettes que l'ont roulaient....L'expresso qui lui rechauffait les mains et cette idée d'article qui revenait. C'etait troublant ça, se dire que parce que ces mains etaient chaudes, elle serait prompte à la mansuétude avec le candidat qui allait la rejoindre de si bon matin....De toute facon elle n'etait pas féroce. Elle aimait ça elle, les ecouter lui raconter leurs richesses, leurs parcours et leurs envies...Mais quand même et si ce café l'influençait...C'etait destabilisant de se dire que ces pauvres humains etaient si fragiles et si influençables...
22 octobre 2008
Reprendre corps...social...
Elle s'était dit qu'elle pourrait rester tout au fond du bois. Elle s'etait dit qu'elle pourrait "chasser" de sa tanière. Qu'elle n'aurait pas besoin de sortir. Qu'elle etait bien un peu cachée. Elle avait pensé qu'elle approcherai ses candidats par internet, par téléphone et qu'il irait les rencontrer. Qu'il irait sur Paris, a son bureau, ou dans de grands hotels...Qu'il prolongerait son travail à elle. Mais lui, il avait le commercial, les rendez-vous, les déplacements. Les candidats, elle, s'étaient son affaire. Il lui avait dit "mais tu les rencontrais avant ? avant quand tu etais dans ce grand cabinet de recrutement parisien ? Tu le faisais et puis tu le faisais bien...alors pourquoi tu n'irais pas ?". Au début elle s'etait dit, qu'elle avait peut etre perdu l'habitude, et puis que c'etait compliqué tout ça a gerer, la petite et la sortie de l'ecole, les anciens auprès desquels elle s'etait engagée et puis il y avait le linge a laver, et puis .... Elle s'était inventée de mauvaises excuses et de faux semblants. Elle le savait...Le plus dur c'etait de sortir. Comme si sortir c'etait se mettre en danger. Et oui, il fallait quitter ce pantalon tellement confortable mais si peu elegant. Au debut elle avait tourné, boudé et puis les jours avaient filé. Elle avait pris du plaisir a ressortir ses jolies bracelets, ses grands colliers et ses tailleurs. Elle avait sourit lorsque chaussée de ses Patrick Cox fétiches, elles s'etait sentie sûre d'elle. Comme si prendre quelques centimètres de haut permettait de voir le monde d'un autre oeil...D'un peu plus haut tout parait plus petit, et donc moins difficile à surmonter. La premiere fois qu'elle etait retournée a Paris, elle y avait prit du plaisir, beaucoup...trop...elle n'avait pas voulu le reconnaitre...La deuxième fois elle s'etait même accordé quelques menus achats, une jolie echarpe et puis un manteau, un joli, en laine bouillie, noir parce que c'est elegant et que ça amincit...La troisième fois elle aurait bien téléphoné a son amoureux pour lui proposer de dormir ici, dans la plus jolie ville du monde, ils seraient allé au cinéma, aurait gouté aux joies du taxi la nuit...Elle n'avait pas osé. La petite les attendait. Une prochaine fois peut etre...parce que finalement c'etait bon de reprendre corps....
30 septembre 2008
A contre courant...
Tout les matins lorsqu'elle allume la petite radio, elle découvre quelques grands malheurs. Le monde deviendrait il fou...Au milieu de ce chaos, elle se demande pourquoi encore une fois elle se sent a contre courant, pourquoi il lui semble que des petites ailes lui poussent dans le dos...Chaque matin depuis quelques semaines elle file vers son bureau, elle aime travailler avec lui, elle aime se dire qu'ils avaient raison d'y croire. Bien sur, sur eux aussi la crise portera son ombre, bien sur il y aura moins de recrutements mais en attendant eux qui pensaient pouvoir decrocher la lune grace à leur courage sont heureux de décrocher quelques jolis postes. Ils aiment rencontrer les candidats, les ecouter, les conseiller, les guider et finalement les placer...
20 septembre 2008
"Un côté te fera grandir, l'autre côté te fera rapetisser"
Quand elle est arrivée ici elle s'est dit qu'il y avait de la magie. La grande forêt qui cachait la maison, le petit chemin qu'il fallait emprunter. A tout le monde elle disait que les arbres ici chantaient, qu'une promenade sous les sous bois suffisait aux plus chanceux, aux plus heureux, pour découvrir le mystère. Ils se racontaient au coin du feu quelques histoires inventées juste pour rêver : "Quelques lutins malicieux qui se perdaient dans les sous-bois avec délice, toutes narines ouvertes… Les friands de cèpes dodus croisant les « fous » de girolles alanguies et charnues... " Toutes ces couleurs qui s'enflammaient, qui oscillaient entre le brun sombre et le jaune rayonnant ne pouvait etre que le tour de quelque magicien malin...
Avec la demoiselle ils aimaient partir a la recherche des traces de ce monde mystérieux qui ne se laissaient voir qu'a ceux qui savent regarder. Hier ils étaient passés par ce chemin, ils en etaient sures, pour le prouver, le petit morceau de bois qu'ils avaient planté. Hier rien ne s'était montré, mais ce matin par la magie de l'elevation et de l'humidité, un petit champignon s'etait manifesté....La demoiselle l'avait remarqué en premier. Subjuguée, elle s'etait baissée, certaine maintenant que ses parents disaient vrai et que dans cette forêt la vie, etait un peu de la magie ...
18 septembre 2008
Mercredi ensoleillé
L'automne avait tapé à leur porte le jour d'avant et le thermomètre avait indiqué 4°...Elle avait dit qu'elle n'allumerait pas la chaudière mais le petit fourneau de la cuisine tournait a plein. Engloutissant les buches les unes derrières les autres, il remplissait bien son rôle fournissant une douce chaleur dans cette pièce qu'ils ne quittaient presque jamais ici. Elles étaient parti à la grande ville après le dejeuner. Leur fidèle coccinelle rechauffée par les rayons du midi laissait entrevoir que l'été n'avait pas dit son dernier mot. Un petit tour à la papeterie chercher la trousse aux deux compartiments demandées par Maitresse Adèle et puis un arrêt au salon de Thé où la spécialité aux amandes les obligeait à se sucer les doigts même si ça se fait pas...Et puis direction le Grand Parc ,rejoindre copine Eleonore. Il faisait vraiment chaud maintenant et le pull etait tombé. Etions-nous encore un peu en Aout...
Les petites filles qui ne s'étaient pas vues depuis quelques semaines rattrapaient le temps échappé. Elles couraient, sautaient. Les mamans devenues proches au fil des rencontres se retrouvaient avec plaisir .
Et puis l'heure du nouveau cours de danse avait approché, il fallait se séparer. L'année dernière la professeure semblait trop dur à Mme Lutine, cette année elle avait préféré un cours plus ludique. Elle pensait qu'à 3ans et demi on pouvait penser a autre chose qu'aux concours et à la compétition, juste aux pirouettes cacahouettes.
Elles avaient été bien acceuillies, celui ci etait le bon....Trois quarts d'heure plus tard elles repartaient sur la petite route de la forêt, juste heureuses de cette journée passée...
16 septembre 2008
Matin
La fraicheur piquante avait envahit la chambre. Le jour ne s'était même pas encore levé mais elle était seule. Il était déjà parti. Elle avait entendue la voiture descendre l'allée, elle l'avait devinée traverser le petit bois.
La rentrée n'avait pas attendu pour reprendre ses droits avec son lot d'obligations et d'horaires.
La nuit avait filé, mais pour la retenir encore, juste quelques minutes, elle avait enfouie sa tête sous la couette. Celle-là était trop vite ressortie....Décidement cet été n'aura pas été bien long.
Puis elle avait posé ses pieds sur le parquet déjà refroidit...
Dans la cuisine le poele ronronnait, le chien dormait tout contre lui. Lui, il n'avait pas perdu de temps pour trouver sa place dans la grande maison, il semblait être là depuis toujours. Pourtant elle se demandait bien ce qu'il avait pu vivre avant, pourquoi il avait été abandonné, lui qui est si gentil. Baptisé Cookie, par la demoiselle, il avait réussit en quelques semaines a faire croire qu'il était né ici.
Sur la table elle avait trouvé la jolie tasse décorée, sa préférée, quelques lignes posées sur un papier pour lui souhaiter une bonne journée.
Elle s'était assise doucement sur la chaise qui grincait, celle qu'il fallait ménager et elle s'était rapellée du petit pain qu'elles avaient préparé à quatre mains en rentrant de l'ecole. Il l'attendait sous le torchon...
Elle s'était alors dis qu'elle aimait ces matins frais, des matins comme celui ci ou tout semblait s'arreter, se ralentir, les informations et les bouchons ne venaient pas assombrir le ciel bleu de la foret. Aujourd'hui, elle avait quelques candidats à rechercher, quelques contrats à honorer, elle avait de la chance de pouvoir le faire d'ici bien à l'abris...
06 septembre 2008
La Rentrée
Il y avait les petites chaises biens ordonnées autour des petites tables, les petits papiers colorés, les gros feutres dans des pots décorés et puis les odeurs des encres bleues turquoises qui flottaient...
Certains petits pleuraient déjà, les coeurs lourds de devoir quitter les bonnes odeurs de leurs mamans. Ce n'était que pour quelques heures mais ça ils ne le croyaient pas.
C'est à trois qu'ils étaient entrés dans la jolie classe, la demoiselle joliment vêtue. Le parquet avait grincé, Madame lutine n'avait pu s'empecher de penser qu'il en avait vu défiler des enfants apeurés. La demoiselle avait reconnue son amie, elle avait laché la grosse main de son papa et était partie...les laissant seuls, un peu plus grands, un peu plus vieux aussi...
Elle ne s'était pas retournée...Tant pis, ils ne lui en voulaient pas. Ils étaient trop contents de la voir prendre son chemin, celui qui est le sien...
02 septembre 2008
Combleux
Ne rien prévoir, ne pas savoir ou les porteront leurs roues. Une valise partagée et quelques envies de découvertes. Un panier de pic-nique qui débordait, des petites tomates, une mousse de thon à tartiner sur la baguette qu'ils acheteraient dans une des délicieuses boulangeries de campagne. Le temps ne gaterait pas leurs envies de cafés en terrasses, de lecture à l'ombre d'un arbre pendant la sieste de la demoiselle.
Samedi, le thé à peine avalé, ils étaient partis sous un ciel dégagé. La Sologne était belle, colorée, dorée. Les kilomètres défilaient, la Loire comme point de répère, sans carte, les fenêtres grandes ouvertes juste pour avoir les cheveux emmelés...Et la découverte, à 30 km de chez eux, d'un endroit où le temps s'était arreté. Le petit village, Port de Paris il y a un peu plus de 50ans et qui avait gardé de ce temps, des petites maisons de mariniers et de pêcheurs, blanches de calcaire, une écluse figée depuis tant d'années et qui semblait attendre quelques peniches chargées de céréales, de vins ou de bois...qui ne viendront pas. Et puis ces bites de fonte qui gardent encore les stigmates des balafres faites par les câbles, choquées ou souquées au gré des montées ou descentes des navires...Un village qui rend nostalgique et joyeux, qui donne envie de s'asseoir à son unique Café pour regarder le soleil se coucher dans les verres du vin rouge des coteaux de la Loire. C'était le dernier week-end avant la grande rentrée, avant ce début de nouvelle année, le moment de prendre de bonnes résolutions, de rêver, se ressourcer pour repartir un peu plus requinqué...

















